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INTERVIEWS

"En Indonésie, le badminton est un motif de fierté nationale"  (INTERVIEWS) posté le mardi 24 novembre 2009 07:42

L'Indonésie n'est pas réputée être une nation sportive et pourtant le badminton y est très populaire. Peut-on parler de situation paradoxale ?

Il est vrai que l'Indonésie n'a produit des champions que dans le badminton, mais cela n'empêche pas les Indonésiens d'être très intéressés par le sport en général. Les championnats de première division, qu'ils soient italien, anglais ou espagnol sont très populaires ici et le football et le volley-ball sont très pratiqués. Mais on peut se demander effectivement pourquoi l'Indonésie n'a réussi à produire des sportifs de premier plan que dans le badminton.

L'une des explications majeures est à mon avis que le badminton est un sport qui est resté relativement à l'écart des développements actuels de la médecine sportive ou de la nutrition. Ainsi les joueurs des pays pauvres pouvaient faire jeu égal avec ceux des pays riches, dans un cadre où on peut considérer que c'était l'habileté qui faisait la différence.

Cette explication ne permet pas de comprendre, en revanche, pourquoi l'Indonésie a dominé les compétitions internationales et pas des pays comme la Thaïlande, l'Inde ou la Malaisie, même si ces pays ont produit de grands joueurs. Peut-être est-ce dû à l'attraction populaire qu'a produit ce sport en Indonésie grâce au fait que le pays s'est imposé très tôt dans les compétitions internationales, produisant de champions nationaux tels que Tan Joe Hok.

Le phénomène inverse est d'ailleurs en train de se produire, les moins bons résultats des champions nationaux dans les compétitions mondiales expliquent sans doute le désintérêt relatif des Indonésiens pour ce sport. Le badminton reste néanmoins un sport populaire très pratiqué, mais les figures héroïques du passé ont disparu, malgré l'effort des jeunes générations de joueurs pour conserver cette émulation.

Comment le badminton s'est développé en Indonésie ?

Il me semble que le badminton a été introduit en Indonésie par les minorités chinoises de Malaisie (plus exactement de Medan, au nord de Sumatra) à la fin des années 1920. Au départ, le badminton était plutôt considéré comme une distraction que comme un sport de compétition. Ainsi les premières références significatives au badminton sont le fait de journaux locaux qui parlent des jeux qui avaient lieu la nuit lors de foires. La compétition s'est instaurée petit à petit.

A la fin des années 1930, on trouve plusieurs compétitions de badminton où s'affrontent les trois groupes ethniques les plus influents, les Javanais/Indonésiens, les Chinois et les Hollandais (puissance coloniale). Le sport n'a pas disparu pendant l'occupation japonaise, mais il a réellement pris essor au début des années 1950. A l'époque les meilleurs joueurs étaient issus de la minorité chinoise, ce qui est toujours le cas aujourd'hui, même si les autres groupes ethniques jouent un rôle plus important qu'auparavant.

Existe-t-il un lien entre le mouvement nationaliste et le badminton ?

Je ne crois pas qu'il y ait de lien véritable entre le mouvement pour l'indépendance et l'essor du badminton. D'une part, le mouvement nationaliste s'est éteint lorsque l'indépendance a été acquise à la fin des années 1940. D'autre part, le fait que les joueurs de badminton étaient très largement et indifféremment issus de la minorité chinoise et hollandaise, ce dès avant la seconde guerre mondiale, semble discréditer la thèse d'un milieu sportif, terreau de l'activisme politique.

Après l'indépendance et jusqu'à la fin des années 1980, alors que l'Indonésie connaît de nombreux problèmes, la réussite du pays dans les compétitions mondiales est même selon moi devenu un motif de fierté nationale, plus qu'un facteur de division.

Quelle est l'importance des Chinois indonésiens dans ce sport ?

Les minorités chinoises ont, à de rares exceptions près, dominé le badminton, au moins depuis l'indépendance. Cela est d'autant plus vrai pour les équipes féminines. A l'origine, les principaux clubs de badminton ont été créés par des clubs de sociabilité à base ethnique, les propriétaires de ces clubs étaient souvent des patrons d'industrie (notamment de riches cigarettiers), eux-mêmes issus de la minorité chinoise.

Le gouvernement indonésien tente-il de développer ce sport comme peut le faire son homologue chinois par exemple ?

Je ne crois pas que le gouvernement indonésien soit très soucieux de la promotion du badminton. Le badminton reste un sport qui, en Indonésie, a encore incomplètement réalisé sa transition vers le business, qui nécessite notamment une approche scientifique du jeu visant à rationaliser les chances de victoire.

Les investissements qui sont nécessaires pour attirer, retenir et entraîner des joueurs de haut niveau ne sont pas aujourd'hui au rendez-vous, ce qui explique en grande partie les difficultés de ce sport à s'inscrire dans cette transition. Les meilleurs joueurs indonésiens ont préféré intégrer des équipes en Nouvelle Zélande, aux Etats-Unis, à Singapour, Hong Kong ou Taïwan, qui leur proposaient de meilleurs conditions de jeu, d'entraînement ainsi que des rémunérations plus attractives. C'est ce qui explique, selon moi, le tarissement des talents au sein de l'équipe nationale depuis une dizaine d'années.

Peut-on expliquer la domination asiatique sur le badminton ?

La domination des Etats d'Asie dans les compétitions de badminton est difficile à expliquer lorsqu'on songe que ce sport, sous sa forme moderne du moins, est un sport européen. Je pense que les raisons de cette domination sont en partie physiologiques, ce sport étant bien adapté aux gabarits dominants dans cette région du monde et surtout historiques, puisque parmi les rares sports qui s'offraient aux jeunes, le tennis était perçu comme un sport pratiqué par les colonisateurs et par la classe moyenne supérieure, l'Indonésien moyen s'en sentait exclu.

Propos recueillis par Anthony Hernandez

L'Indonésie n'est pas réputée être une nation sportive et pourtant le badminton y est très populaire. Peut-on parler de situation paradoxale ?

Il est vrai que l'Indonésie n'a produit des champions que dans le badminton, mais cela n'empêche pas les Indonésiens d'être très intéressés par le sport en général. Les championnats de première division, qu'ils soient italien, anglais ou espagnol sont très populaires ici et le football et le volley-ball sont très pratiqués. Mais on peut se demander effectivement pourquoi l'Indonésie n'a réussi à produire des sportifs de premier plan que dans le badminton.

L'une des explications majeures est à mon avis que le badminton est un sport qui est resté relativement à l'écart des développements actuels de la médecine sportive ou de la nutrition. Ainsi les joueurs des pays pauvres pouvaient faire jeu égal avec ceux des pays riches, dans un cadre où on peut considérer que c'était l'habileté qui faisait la différence.

Cette explication ne permet pas de comprendre, en revanche, pourquoi l'Indonésie a dominé les compétitions internationales et pas des pays comme la Thaïlande, l'Inde ou la Malaisie, même si ces pays ont produit de grands joueurs. Peut-être est-ce dû à l'attraction populaire qu'a produit ce sport en Indonésie grâce au fait que le pays s'est imposé très tôt dans les compétitions internationales, produisant de champions nationaux tels que Tan Joe Hok.

Le phénomène inverse est d'ailleurs en train de se produire, les moins bons résultats des champions nationaux dans les compétitions mondiales expliquent sans doute le désintérêt relatif des Indonésiens pour ce sport. Le badminton reste néanmoins un sport populaire très pratiqué, mais les figures héroïques du passé ont disparu, malgré l'effort des jeunes générations de joueurs pour conserver cette émulation.

Comment le badminton s'est développé en Indonésie ?

Il me semble que le badminton a été introduit en Indonésie par les minorités chinoises de Malaisie (plus exactement de Medan, au nord de Sumatra) à la fin des années 1920. Au départ, le badminton était plutôt considéré comme une distraction que comme un sport de compétition. Ainsi les premières références significatives au badminton sont le fait de journaux locaux qui parlent des jeux qui avaient lieu la nuit lors de foires. La compétition s'est instaurée petit à petit.

A la fin des années 1930, on trouve plusieurs compétitions de badminton où s'affrontent les trois groupes ethniques les plus influents, les Javanais/Indonésiens, les Chinois et les Hollandais (puissance coloniale). Le sport n'a pas disparu pendant l'occupation japonaise, mais il a réellement pris essor au début des années 1950. A l'époque les meilleurs joueurs étaient issus de la minorité chinoise, ce qui est toujours le cas aujourd'hui, même si les autres groupes ethniques jouent un rôle plus important qu'auparavant.

Existe-t-il un lien entre le mouvement nationaliste et le badminton ?

Je ne crois pas qu'il y ait de lien véritable entre le mouvement pour l'indépendance et l'essor du badminton. D'une part, le mouvement nationaliste s'est éteint lorsque l'indépendance a été acquise à la fin des années 1940. D'autre part, le fait que les joueurs de badminton étaient très largement et indifféremment issus de la minorité chinoise et hollandaise, ce dès avant la seconde guerre mondiale, semble discréditer la thèse d'un milieu sportif, terreau de l'activisme politique.

Après l'indépendance et jusqu'à la fin des années 1980, alors que l'Indonésie connaît de nombreux problèmes, la réussite du pays dans les compétitions mondiales est même selon moi devenu un motif de fierté nationale, plus qu'un facteur de division.

Quelle est l'importance des Chinois indonésiens dans ce sport ?

Les minorités chinoises ont, à de rares exceptions près, dominé le badminton, au moins depuis l'indépendance. Cela est d'autant plus vrai pour les équipes féminines. A l'origine, les principaux clubs de badminton ont été créés par des clubs de sociabilité à base ethnique, les propriétaires de ces clubs étaient souvent des patrons d'industrie (notamment de riches cigarettiers), eux-mêmes issus de la minorité chinoise.

Le gouvernement indonésien tente-il de développer ce sport comme peut le faire son homologue chinois par exemple ?

Je ne crois pas que le gouvernement indonésien soit très soucieux de la promotion du badminton. Le badminton reste un sport qui, en Indonésie, a encore incomplètement réalisé sa transition vers le business, qui nécessite notamment une approche scientifique du jeu visant à rationaliser les chances de victoire.

Les investissements qui sont nécessaires pour attirer, retenir et entraîner des joueurs de haut niveau ne sont pas aujourd'hui au rendez-vous, ce qui explique en grande partie les difficultés de ce sport à s'inscrire dans cette transition. Les meilleurs joueurs indonésiens ont préféré intégrer des équipes en Nouvelle Zélande, aux Etats-Unis, à Singapour, Hong Kong ou Taïwan, qui leur proposaient de meilleurs conditions de jeu, d'entraînement ainsi que des rémunérations plus attractives. C'est ce qui explique, selon moi, le tarissement des talents au sein de l'équipe nationale depuis une dizaine d'années.

Peut-on expliquer la domination asiatique sur le badminton ?

La domination des Etats d'Asie dans les compétitions de badminton est difficile à expliquer lorsqu'on songe que ce sport, sous sa forme moderne du moins, est un sport européen. Je pense que les raisons de cette domination sont en partie physiologiques, ce sport étant bien adapté aux gabarits dominants dans cette région du monde et surtout historiques, puisque parmi les rares sports qui s'offraient aux jeunes, le tennis était perçu comme un sport pratiqué par les colonisateurs et par la classe moyenne supérieure, l'Indonésien moyen s'en sentait exclu.

Propos recueillis par Anthony Hernandez
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Même en conférence de presse, les Pussycat Dolls sont toujours... sexy !  (INTERVIEWS) posté le dimanche 07 juin 2009 11:27

Les Pussycat Dolls sont le girls band le plus sexy de la planète. Après Vegas et la première partie de Brit Brit, les filles ont décidé d'envahir l'Indonésie et plus précisément Jakarta. Mais avant la performance, passage obligé par la conférence de presse...

Et pour l'occasion, les Pussycat ont mis le paquet. Nicole Scherzinger, la Queen Doll, a enfilé une jolie robe rouge, carrément sexy. Kimberly Wyatt a choisi une tenue plus trash, un t-shirt "légèrement" troué sans oublier un filet en guise de bandeau dans les cheveux ; Melody Thornton, très classe, avec un t-shirt gris et un pantalon carrot noir, aviator sur les yeux ; et enfin Ashley Roberts qui l'a joué tout en transparence. Les Pussycat trouvent toujours LA tenue pour ne pas passer inaperçues. Et il n'y a pas à dire, ça fonctionne à tous les coups.

Nicole, compagne du champion de Formule 1 Lewis Hamilton, a pris la parole en sa qualité de meneuse du groupe. En attendant de commencer son nouvel album solo, elle s'investit à 200% dans la tournée de ses Pussycats de copines.

En tout cas, une chose est sûre, dans son bain ou en public, Nicole est toujours divine !

Chloé Breen - www.purepeople.com

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INDONÉSIE : UN RAMADAN MOROSE  (INTERVIEWS) posté le lundi 01 septembre 2008 20:09


Le ramadan touché par la crise alimentaire et l'inflation
RFI - Article publié le 01/09/2008 - Ecouter 02 min 32 sec

Le plus important durant le ramadan, c'est la nourriture. [...] Pour les gens riches le ramadan c'est un mois de fête, les petites gens n'ont que leurs yeux pour pleurer, les prix ont explosé.

www.rfi.fr

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RETRANSCRIPTION CHAT INTERNAUTE MAGAZINE 9 janvier 2006  (INTERVIEWS) posté le samedi 04 février 2006 12:08

http://www.linternaute.com/voyager/interview/philippe-fouchard/chat.shtml "Il faut être un fou, aimer les galères et avoir l'envie" Des traditions millénaires des Toraja au sommet du volcan Tangkuban Perahu, parcourez cet archipel à travers les yeux de cet amoureux de l'Indonésie et de la photographie. En chat à l'Internaute le 9 janvier, il nous a fait partager sa passion pour cet archipel. Comment avez-vous découvert l'Indonésie ? Philippe Fouchard : Par hasard. J'ai pris mon sac à dos, des pellicules et des t-shirts. Je suis arrivé à Sumatra, chez les Minangkabau, et j'ai rencontré une Française mariée à un Minang. Et mon amour a commencé. Qu'est-ce qui vous fascine tant dans l'Indonésie ? La diversité des cultures, des paysages, et surtout des êtres humains. 350 ethnies et 500 dialectes et bahasa (langues). On va de l'est à l'ouest, c'est comme passer de la Suède à la Grèce. "Il ne faut pas oublier que c'est un pays où la corruption est très importante. " Quels contacts avez-vous eu avec la population indonésienne, est-ce difficile de gagner leur confiance ? Non, mais il ne faut jamais refuser une invitation, et surtout, le plus dur, c'est de comprendre leur mentalité. J'ai eu beaucoup de mal, et d'ailleurs, j'ai encore des problèmes vis à vis de l'argent. Il ne faut pas oublier que c'est un pays où la corruption est très importante. Il ne faut surtout pas accabler les gens, c'est quelque chose d'ancré dans leur mentalité. Avez-vous appris à parler la langue locale pour travailler ? Je suis fainéant et c'est un de mes grands regrets. Non, je ne parle pas le bahasa, saya malas. Je ne suis pas doué pour les langues et surtout j'ai toujours voyagé avec des Indonésiens, dont ma femme, qui a travaillé avec moi comme assistante. Quelle île avez-vous préféré en Indonésie? Bonne question. J'ai adoré vivre à Jakarta. C'est étonnant car c'est une mégapole sale et surpeuplée, mais tous les peuples de l'Indonésie y vivent et des endroits géniaux sont à découvrir. Bon, j'avoue que j'aime bien Bali pour faire la fête et se baigner relax quand même. N'avez-vous pas senti un certain écœurement du tout touristique à Bali ? Non, car c'est une île qui a su développer le tourisme. Il est vrai que les Australiens ivres morts la nuit, shootés et se tapant des petites indonésiennes m'écœurent. Mais c'est un endroit unique au monde, il ne faut surtout pas rester à Kuta et rentrer dans l'île. Quels endroits conseillez-vous de découvrir pour sortir des sentiers battus ? Sumatra et Minangkabau à l'ouest de l'île. Cette ethnie a su garder ses valeurs. Il faut aussi découvrir le Nusa Tangara, l'est de l'Indonésie avec les îles de Sumbawa. Il n'y a pas de touristes sinon des backpackers ou des... photographes perdus comme moi ! Quelle sera votre prochaine destination ? L'Indonésie !!! Je prépare un projet pour vendre à mon éditeur un autre livre sur l'Indonésie. Mais j'ai aussi comme projet de retourner en Malaisie et aux Philippines. Bon, avant, je vais aller en Hollande où il y a une forte densité d'Indonésiens car les Pays-Bas ont colonisé longtemps ce pays. Comment est née votre passion pour la photographie ? Comme, je pense, celle d'un écrivain ou d'un peintre. Pour retranscrire une scène, un homme, un paysage. Il y a longtemps, comme tout le monde, avec un polaroid et un jetable. Ensuite, le rêve de devenir professionnel, mais la vie en décide autrement. Les priorités changent, comme fonder une famille et avoir un bon salaire, un bon job et tutti quanti. Vous avez commencé assez tard votre carrière de photographe, cela veut-il dire qu'il est toujours temps de se découvrir un talent ? Il existe en chacun une partie "artiste", quoique je n'aime ce mot. Par contre, le saut à faire est difficile, car les métiers d'art ne font pas vivre, excepté quelques talentueux et privilégiés. Il faut surtout avoir envie de vivre sa passion. Je pense qu'il faut être un fou, aimer les galères et faire ressortir de son soi intérieur l'envie. "J'ai beaucoup de mal à prendre un paysage ou un monument. " Qu'aimeriez-vous faire comprendre aux gens avec vos photos ? Les déplacer virtuellement d'un endroit à un autre. C'est toujours mon objectif et c'est pourquoi j'ai beaucoup de mal à prendre un paysage ou un monument. Une anecdote : il me fallait des photos de la cathédrale de Jakarta. J'y suis allé trois fois et la dernière fois, mes photos... étaient... surexposées. Je veux que l'on n'oublie pas que le principal de la vie, c'est l'être humain. Il ne faut pas oublier mes amis Indonésiens qui souffrent des catastrophes naturelles et du terrorisme qui ne leur sont pas imputables. Etiez-vous sur place lors de la catastrophe du Tsunami ? Non, j'étais à Paris. Je suis allé à Aceh en mars. Ca a été terrible pour moi. J'ai beaucoup pleuré en débutant mes shoots. Par contre, j'ai vécu le tremblement de l'île de Nias avec ses cadavres en décomposition, ses réfugiés qui se battent pour manger, ses cercueils qui arrivent par bateau et, paradoxalement, j'étais moins cramé dans la tête. C'est Hiroshima et, d'après les infos de mes amis, rien a encore changé à Aceh. J'oubliais... 1000 morts à Pulau Nias. J'ai envoyé mes clichés à mon agence et pas une de vendue... Le pape est mort 4 jours après et le prince Raignier la semaine suivante. No comment ! Face à la misère, quelle attitude adoptez-vous ? Avant que je ne change de vie, je donnais au Téléthon et à certains organismes pour me donner bonne conscience et... faire baisser mes impôts. Maintenant, à Bali par exemple, j'emmène les enfants dans un warung et je leur paye à manger. Je ne peux pas sauver le monde donc je ne donne jamais d'argent dans la rue. Un musulman donne toujours, surtout en Indonésie car son dieu regarde, marque tout dans un livre et le jour que vous êtes mal, c'est les autres qui vous aide, je crois que cela s'appelle RESEKI. Est-ce qu`il y a une chose que vous regrettez de ne pas avoir fait / ou d'avoir fait ? Je regrette de ne pas avoir encore plus voyagé. Durant les trois ans en Indonésie, j'aurais pu ne pas me la couler douce de temps en temps sur une plage, j'ai peut être raté des îles, mais la vie n'est pas finie et mes voyages non plus ! Non, je ne regrette rien... Quelle est la photo qui vous a le plus marquée ? Une photo d'un enfant à Jakarta. Il s'abritait sur la bouche d'aération d'un Mac Do. Il y avait un contraste étonnant. On pourrait penser à une photo banale et facile mais je suis resté un quart d'heure à le regarder et j'ai fait une photo, une seule. Je veux l'exploiter un jour. Est-ce qu'il a été difficile, dans certaines situations, de faire accepter votre appareil photo ? Oui, car un étranger s'appelle un bulle, homme à la peau blanche, et quand les enfants d'un village qui n'ont jamais vu un bulle ni un appareil photo, cela prend parfois deux heures pour qu'ils se décrochent de votre pantalon. Donc, j'ai un petit appareil numérique et je prends des photos, je leur montre et ils oublient. A ce moment là, je sors mon Nikon et je fais mon travail. Je ne suis pas touriste. Avez-vous collaboré à l'écriture du livre sur l'Indonésie ? Non, je ne suis pas écrivain. J'écris avec mes tripes, comme un texte sur Aceh, Pulau Nias ou le train à Jakarta, publié dans "La vie du Rail". Mais je veux apprendre pour ne pas rester devant une feuille blanche, parfois je me lève à 4 h du matin (ma femme est très contente!) et j'écris. Que pensez-vous du métier de photo-reporteur aujourd'hui ? Je suis photographe de témoignage, il me faut une journée ou deux pour faire une photo. Je me suis confronté sur le tremblement de terre de Nias, à Medan plus exactement, sur l'aéroport, aux photo-journalistes. A l'arrivée du premier hélicoptère avec des blessés graves, les photo-journalistes et les télés se battaient, bloquaient les ambulances pour prendre des clichés. Il m'a fallu un certain temps pour me dire : "Bon Philippe, va prendre des photos". Je ne veux, je ne ferai jamais, oh non jamais, ce que j'ai vu parfois faire des photo-journalistes. Je veux rester un photographe de témoignage, faire des livres mais pas le travail de certains. Je ne connais pas leurs noms et je m'en fous. "On me demande souvent "Mais pourquoi tu ne t'es pas installé en Indonésie ?" et je réponds toujours pour le vin, le pain et le camembert. " Supportez-vous de vivre en France, ou aimez-vous vivre en France, après de tels voyages ? Il fait froid ! En trois ans, j'ai fait 5 voyages et je suis toujours revenu pour garder un certain équilibre et ne pas péter les plombs, comme certains expatriés, des amis. On ne peut oublier ses origines. On me demande souvent "Mais pourquoi tu ne t'es pas installé en Indonésie ?" et je réponds toujours : pour le vin, le pain et le camembert. Comment avez-vous amorcé votre changement de métier ? C'est personnel et je n'en parlerais pas. Comment avez-vous appris la photographie ? Sur le tas. J'étais photographe amateur comme tout le monde. J'ai travaillé dix ans dans un groupe d'édition de beaux livres et rencontré des grands photographes qui me racontaient leurs aventures, visualisé des milliers de photos et feuilleté des dizaines de livres. C'est la seule formation que j'ai eu. Je ne vais jamais voir une expo, cela peut paraître un peu prétentieux, mais je suis dans mon monde. Avec quel appareil travaillez vous ? Un Nikon F100, un Fm en secours, un petit numérique et deux objectifs, un 20 mm et un 85 mm. Combien de temps avez-vous passé en Indonésie pour faire ce livre ? Cumulé deux ans sur trois et pris 9 000 photos... pour 200 publiées... J'ai créé mon fond que j'essaie d'exploiter sur d'autres sujets maintenant. Comment avez-vous financé votre premier voyage ? Sur l'argent de mon ancienne vie. La photo est très coûteuse, car je travaille en argentique, donc les développements des dias et planches contact et les billets d'avion coûtent très cher. J'ai un déficit important sur le livre mais sans lui, je ne serais pas avec vous ce soir. Quels types de photos n'avez-vous jamais réalisés ? Pleins. Je suis incapable de les citer. Le type de photo que je voudrais essayer c'est le studio, que je ne connais pas du tout mais cela ne... m'attire pas. L'Indonésie est un pays qui semble très coloré, cela a-t-il une influence sur la prise de vue ? Oui, le choix par exemple de travailler en couleur. Parfois cela parait facile de faire une photo. En Indonésie, ce serait dommage que les gens ne voient cette magie de l'arc en ciel. Quelles lectures vous ont guidé et nourri pendant votre périple ? Des romans échangés à Jalan Jaksa (rue Jaksa) à Jakarta, un livre "Etre photographe" de Yann Arthus Bertrand et un dictionnaire de français. Avez-vous déjà assisté aux célèbres fêtes de Bali ? Si oui, qu'est-ce qui est le plus impressionnant ? Le plus impressionnant, c'est les ogos-ogos. Le jour du nouvel an hindouiste, les balinais brûlent ces grandes marionnettes et c'est une fête splendide, mais aussi la fête d'enterrement des morts la veille des crémations, que tout le monde connaît. Ils sortent les os du défunt, les lavent, des marchands de ballon vendent des chocolats glacés, la musique à fond, c'est vraiment très impressionnant. "Tout n'est pas morose. Assister à une fête à Kuta toute la nuit et faire du surf dans la foulée, déjeuner ensuite à Jimbarang les pieds dans l'eau, c'est aussi pas mal. " Quel est le souvenir le plus fort de vos voyages en Indonésie ? Le plus fort, c'est Aceh. Mais, j'ai aussi vécu une fausse couche d'une femme dans un hôpital à Jakarta et je peux vous dire que c'était très difficile à vivre. Tout n'est pas morose. Assister à une fête à Kuta toute la nuit et faire du surf dans la foulée, déjeuner ensuite à Jimbarang les pieds dans l'eau, c'est aussi pas mal. Travaillez-vous en argentique ou en numérique ? Pourquoi ? En argentique. On ne remplacera pas, pour le moment, les dias. Malheureusement, on n'aura plus de matériel un jour et je ferais comme les autres. Quand on prend une photo en argentique, on la pense, on cadre, on réfléchit alors qu'en numérique on shoote, on regarde le petit écran derrière et on recommence. Découvrir sa photo 1 mois plus tard sur la table lumineuse, quelle magie ! Quels autres pays vous intéressent ? Je voudrais découvrir les Philippines. J'aimerai bien aller au Laos et au Cambodge. Je crois qu'il y a beaucoup de sujets photographiques. Que privilégiez-vous lorsque vous prenez une photo ? La lumière et le regard de la personne. Je veux toujours qu'elle m'ait oublié. Avez-vous des nouveaux projets de livres ou d'expositions ? Une exposition est prévue en avril et mai à la mairie du 13ème arrondissement de Paris. Me raccrochant à une exposition de tissus, je prépare un projet de livre avec Antony Gueirrero sur "ART ET ARTISANAT EN INDONESIE" et un autre sur Paris et l'Eau mais j'attends qu'il fasse... beau ! Philippe Fouchard : Je vous remercie de vos questions très intéressantes. Je pourrais chatter toute la nuit avec vous !
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Interview sur www.arrimagephoto.com Janvier 2006  (INTERVIEWS) posté le samedi 14 janvier 2006 21:56

Quand avez-vous commencé la photographie ? Il y a trois ans, j’ai commencé ce métier en tant que professionnel. J’ai toujours aimé la photographie en tant qu’amateur. Plus jeune avec mon meilleur ami, nous rêvions de devenir photographes. La vie en a décidé autrement. J’ai travaillé dans l’édition de beaux-livres, toujours rencontré des grands photographes reconnus qui me racontaient leurs aventures dans des contrées lointaines, visionné des milliers de photographies et feuilleté des dizaines de livres illustrés. C’est la seule formation que j’ai eue. Et puis un jour vos enfants que vous n’avez pas vu grandir, volent de leurs propres ailes. L’argent et le confort matériels deviennent superficiels. Quel est votre parcours photographique ? Après deux voyages en Indonésie, mon éditeur, m’a proposé de faire un livre sur l’Indonésie – un an avant le Tsunami -. Lui qui a visualisé des millions de photos dans sa carrière m’a balancé : « Philippe, vous avez des bonnes photos, nous allons faire un livre ». J’ai failli refuser ! C’est maigre comme parcours, un livre, deux reportages et deux expositions, mais je veux continuer à apprendre dans tous les domaines de la photographie. Quel matériel utilisiez vous à vos débuts ? Et maintenant ? Je possède un NIKON F100, un NIKON FM comme boîtier de secours (mon premier boîtier qui date de 1982), deux objectifs, un 20 mm, « objectif du bonheur », un 85 mm et un petit appareil numérique pour faire oublier le photographe aux enfants dans les villages qui n’ont jamais vu une photo de leur vie. Je ne travaille jamais au flash qui donne à la photo un côté artificiel et tue la lumière naturelle. Travaillez vous toujours avec le même film photo ? Pour les pellicules, FUJI en Provia 100 pour les dia et des films 400 et 1600 FUJI PRO. J’ ai testé KODAK mais je n’étais pas satisfait. Pourquoi faites-vous de la photographie ? Sûrement une certaine spiritualité s’ancre dans son soi intérieur pour la deuxième partie de sa vie. J’ai voulu le retranscrire dans la photo. D’autres, ce serait la peinture, la musique, l’écriture. J’ai choisi mon oeil et accessoirement, un appareil photo pour m’exprimer. Qu'est ce qui vous inspire ? Prendre un train de banlieue un matin à Jakarta, monter dans un bus public à Florès ne sachant pas si nous arriverons vivants par les routes de montagne, méditer longuement dans une mosquée à Java avec une femme musulmane pour tout simplement comprendre cette religion, naviguer dans une barque de pêcheur dans les mangroves à l’ouest de Sumatra, déguster un plat typique Indonésien dans un village d’une petite île... C’est pour moi la magie de la photographie. Quels autres sujets photographiques vous intéressent ? Une bonne photographie, elle est technique, bien entendu, c’est-à-dire reproductible dans un livre ou un magazine. Mais l’essentiel, c’est que la personne qui regarde votre image fixe son regard lise une histoire, voyage avec elle, se déplace virtuellement à l’endroit et discute avec l’enfant ou le vieillard à l’autre bout du monde. Là, c’est gagné. En résumé, l’être humain. Vous est-il arrivé de faire des photographies que vous avez regretté ? A mes débuts, je shootais comme un malade et je me retrouve avec des photos inexploitables. Mais je ne regrette pas. Si vous aviez à ne choisir qu'un boîtier, un objectif, et une pellicule, vers lesquels votre choix se porterait ? Je partirais avec mon NIKON F100, un 20 mm et une pelloch de dia, Fuji provia 100. Aimez vous le travail des autres photographes ? Pour moi, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise photo. Une photo floue de la maman avec son bébé, car son papa avait les larmes aux yeux au moment de la prise, est une bonne photo. Je respecte tous les photographes. Je ne vais jamais voir une exposition, je n’ouvre jamais un livre de photos, pour ne pas me laisser influencer ou copier un style. Je veux garder mon « oeil ». Je ne cherche qu’à faire rêver, pleurer ou penser mais surtout faire voyager. Est-ce qu'il y a une photographie d'un photographe que vous auriez aimé faire ? Je suis admiratif du travail de Steve Mac Curry. J’aurais aimé faire TOUTES ses photos. Quel est le travail d'un photographe que vous aimeriez faire connaître ? Je connais un jeune photographe qui travaille principalement en Roumanie, Franck HAMMEL. Il a du talent et a choisi le noir et blanc, très difficile. Je me permets de donner son site à découvrir pour tous les amoureux de la photo http://fhphotographies.free.fr/ La photographie parfaite existe-elle ? Non, il existe toujours une part de hasard et de chance en photographie de témoignage. Dans un studio, c’est vrai pour la photographie de mode ou un portrait à la « Harcourt », les photos sont parfaites techniquement pour un sujet donné. Mais est-ce une bonne photographie ? Je laisse à chacun d’y penser. Et si la photographie n'existait pas ? J’écrirais. Mais le monde serait triste à mourir ! Quels sont vos projets photographiques pour demain ? Nous travaillons à un projet de livre sur l’artisanat Indonésien, avec Antony Guereirro. Et un autre sur qui nous emménera de l’Europe à l’Asie du Sud-Est, Indonésie, Malaisie et Philippines. Vivant à Paris actuellement, je suis sur la préparation d’un livre de cuisine avec un ami et un autre sur Paris, pour proposer à mon éditeur. J’écris un texte pour accompagner mes photos d’un reportage des mines d’or à Sumatra Ouest, où j’ai travaillé longuement.
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