Selon des documents officieux de l’exécutif européen, l’impact environnemental des biocarburants serait sous-estimé. A l’horizon 2020, l’Europe souhaite que 10 % de ses carburants proviennent de sources renouvelables. Hors, la parution de tels documents serait dommageable pour le marché très convoité des biocarburants.
Pour fabriquer du carburant à partir de sources renouvelables, plusieurs possibilités s’offrent aux industriels, notamment les biocarburants (issus des plantes ou de graisse animale), l’hydrogène et l’électricité verte. La majeure partie du marché est conquise par les biocarburants (produits à partir d’huile de palme, de colza, de betterave ou encore de graisse animale) pour un marché européen dont les revenus annuels sont estimés à environ 5 milliards de dollars. Une manne pour les pays agricoles européens qui en produisent 10 milliards de litres par an ou encore pour les pays exportateurs comme le Brésil, la Malaisie ou l’Indonésie.
Si les biocarburants remportent l’adhésion
d’un grand nombre, c’est pour leur impact
environnemental. Ils sont censés réduire les émissions de gaz à
effet de serre tant lors de leur production que lors de leur
utilisation. L’objectif européen est donc de les démocratiser
et d’atteindre 10 % de carburants issus de sources
renouvelables d’ici 2020. Pourtant, des écologistes affirment
que l’impact environnemental des biocarburants n’est
pas aussi positif qu’on voudrait nous le faire croire.
Déforestation et appauvrissement des sols plombent le
bilan
En octobre dernier, l’Ademe avait rendu son verdict sur
l’empreinte carbone des biocarburants. L’éthanol de
canne à sucre remportait tous les suffrages et permettait de
réduire les émissions de gaz à effet de serre de 78 % par rapport à
l’essence. Idem lors de sa phase de production au cours de
laquelle 80 % d’économies d’énergie étaient réalisées.
Problème alors pointé du doigt par les écologistes : ce bilan, tout
sauf partial, ne prenait pas en compte l’impact du changement
d’utilisation des sols (déforestation, réduction des cultures
alimentaires, appauvrissement des sols). « En intégrant les
émissions dues à la déforestation en Indonésie, le bilan GES de
l’huile de colza est le double de celui du diesel qu’il
remplace », se plaignaient alors les Amis de la Terre. Et les
documents officieux qui ont fait l’objet d’une fuite au
sein de l’exécutif européen vont clairement dans ce
sens.
Selon ces documents, dont l’UE ne veut se départir pour
l’instant, la prise en compte de l’empreinte carbone
des biocarburants pourrait tuer l’industrie européenne. Les
écologistes affirment que la production de ces carburants force les
agriculteurs à étendre le territoire agricole en empiétant sur les
forêts et en asséchant les zones humides. Pour éviter de brûler des
forêts et d’envoyer d’importantes quantités de GES dans
l’atmosphère, de stricts critères environnementaux ont été
mis en place. Pour mesurer l’impact du changement
d’affectation des sols sur les émissions de gaz à effet de
serre, la Commission européenne doit réaliser une étude et rendre
son verdict d’ici la fin de l’année.
http://www.developpementdurable.com - Albane Wurtz














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