Paris, le 10
mars 2010 – Ce jeudi se déroule à Paris une conférence Internationale
sur les grands bassins forestiers, à l’invitation de la
France. Cette réunion regroupe de nombreux pays forestiers des
bassins de l’Amazone et du Congo, Indonésie, etc.) et les
pays industrialisés – dont la France- qui s’étaient
engagés en décembre à Copenhague au déblocage de 3,5 milliards
d’euros par an d’ici 2012 pour aider les pays en voie
de développement à lutter contre la
déforestation.
Des fonds
réellement additionnels et des décisions en accord avec les droits
et intérêts des populations forestières
Mettre un terme à la
destruction des forêts tropicales est une absolue nécessité, dans
la perspective d’une réduction drastique et indispensable des
émissions anthropiques de gaz à effets de serre visant à maintenir
l’élévation des températures en-deçà des 2°C . Les actions
urgentes à envisager doivent absolument prendre en compte
l’inestimable biodiversité présentent dans les grands bassins
forestiers et doit garantir l’adhésion et à la participation
des populations forestières dans la mise en place des futurs
programmes financés.
« Le processus de
discussions qui va être relancé demain doit absolument garantir la
transparence, l’efficacité des futurs programmes et surtout
la participation des communautés forestières, dont les peuples
autochtones. Il faut également que cette aide soit réellement
additionnelle et pas un simple recyclage d’aide publique déjà
affectée » explique Jérôme Frignet, chargé de campagne
forêts.
Ne pas
financer les moteurs de la déforestation, comme les plantations ou
l’exploitation industrielle du
bois
La conférence du 11 mars
doit être l’occasion de mettre en place de réels garde-fous
contre une utilisation perverse des financements : les moteurs
de la déforestation ne doivent pas bénéficier de subventions
déguisées. En pleine année de la biodiversité, il est bon de
rappeler que les forêts naturelles ne sont en rien équivalentes aux
plantations, en terme de richesse des écosystèmes concernés et de
capacité de séquestration du carbone.
« Il existe un
risque réel que des entreprises bénéficient de financements
internationaux au titre de plantations industrielles comme
l’huile de palme ou l’acacia, pour la pâte à papier, en
Indonésie ; ceux-ci constitueraient des incitations perverses
à la destruction de forêts naturelles, à la perte irréversible de
biodiversité et à la multiplication de conflits
fonciers » poursuit Jérôme Frignet.
De la même façon, il est
inconcevable de considérer l’exploitation industrielle du
bois comme une solution pour le climat ou la perte de biodiversité.
Dans le bassin du Congo, où les entreprises forestières
internationales ont développé un modèle de concession à très grande
échelle, les retombées économiques ne bénéficient d’ailleurs
que très peu aux populations locales.
« Il faut
absolument cesser de considérer les forêts tropicales comme une
simple matière première, pour reprendre une expression
malheureusement utilisée par Nicolas Sarkozy. Cette conférence, et
les futurs financements destinés aux forêts tropicales, doivent
rétablir la confiance entre les pays industrialisés, les pays en
développement et surtout leur population : le temps du pillage
des forêts tropicales pour le seul profit des économies du nord et
de quelques élites politiques et économiques au sud doit être
révolu. » conclut Jérôme Frignet.
Un briefing complet
concernant les enjeux de cette conférence et les demandes de
Greenpeace est disponible en pièce jointe.
Contacts
Jérôme Frignet, campagne
forêts, présent à la conférence : +336 79 93 15 30 Sylvain
Trottier, communication : +336 30 23 52 78
http://www.presseafricaine.info
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